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Écrire un limerick : rimes et rythme

Ilena
Illustration for How to Write a Limerick Poem (AABBA)

Pour écrire un limerick, composez cinq vers selon le schéma de rimes AABBA : les vers 1, 2 et 5 riment ensemble, tandis que les vers 3 et 4 forment une autre paire. Les trois premiers vers du groupe A sont généralement plus longs que les deux vers centraux. Le plaisir de cette forme tient aussi à sa chute : le dernier vers fait basculer la petite histoire vers la surprise ou l’absurde.

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Cinq vers, deux familles de rimes

Voici un limerick original en anglais. Lisez-le à voix haute : les deux vers courts accélèrent le récit avant le retour du dernier vers long.

There once was a cook from the coast, Who boasted of making fine toast. He reached for the bread, But buttered his head, And offered his hat to the host.

Coast, toast et host portent la rime A; bread et head, la rime B. L’erreur du cuisinier arrive au quatrième vers, puis le cinquième pousse la plaisanterie plus loin. Dans un limerick anglais, on recherche souvent trois temps marqués dans les vers longs et deux dans les vers courts. Ce mouvement compte davantage qu’un nombre de syllabes identique à chaque ligne.

Construire et réviser son limerick

Commencez par une situation minuscule : quelqu’un veut réussir une tâche, mais un détail lui échappe. Imaginez ensuite la chute avant de rédiger les cinq vers. Si vous savez où finit l’histoire, vous pourrez choisir une rime A qui sert réellement cette fin, au lieu d’ajouter un mot uniquement pour sa sonorité.

  1. Écrivez le vers 5. Notez la surprise en une phrase, même provisoire.
  2. Trouvez les vers 1 et 2. Présentez le personnage et son intention avec deux fins de vers qui riment avec la chute.
  3. Raccourcissez les vers 3 et 4. Faites-y surgir l’incident, avec une nouvelle paire de rimes.
  4. Relisez à voix haute. Vérifiez que l’histoire se comprend, que les vers centraux donnent de l’élan et que la chute arrive au bon moment.

Une rime peut vous obliger à changer votre première idée. C’est parfois heureux, mais pas toujours : si le mot final rend l’action incompréhensible, gardez l’action et cherchez une autre famille de sons. Essayez aussi de supprimer les explications qui précèdent la chute. Le lecteur doit pouvoir découvrir la plaisanterie, non la voir annoncée.

Adapter la forme selon la langue

En français, on peut garder les cinq vers, les rimes AABBA et le contraste entre vers longs et courts sans prétendre reproduire exactement la cadence anglaise. Cet exemple original part d’une recette perdue et termine sur un pain plutôt bruyant :

Une boulangère perdit sa recette, Et chercha du secours sous sa casquette. Elle ouvrit le four, Il en sortit un tambour : « Mon pain bat la mesure, quelle fête ! »

Recette, casquette et fête partagent la finale sonore « ète »; four et tambour partagent « our ». Le quatrième vers est un peu plus chargé que le troisième : à la relecture, vous pourriez essayer « Surgit un tambour » pour le raccourcir. Cette révision rend le passage plus vif, mais lui donne aussi une tournure plus littéraire. Choisissez la version qui convient à votre voix.

Si une rime vous pousse à déformer votre histoire, comparez d’autres fins possibles avant de réécrire tout le vers. Chercher une rime à « recette » (s’ouvre dans un nouvel onglet)

Une adaptation espagnole de l’histoire du cuisinier peut conserver AABBA sans copier les mots ni promettre la même métrique que l’exemple anglais :

Un cocinero alzó su sombrero, Juró que sería el mejor panadero; Voló la tostada, Cayó bien untada, ¡Y sirvió su sombrero al mesero!

Sombrero, panadero et mesero riment en « ero »; tostada et untada riment en « ada ». Ces rimes sont consonantes : les sons coïncident à partir de la dernière voyelle accentuée. Pour analyser la métrique d’un vers espagnol, il faudrait aussi tenir compte, notamment, de la synalèphe entre mots et de l’accent du mot final. Ici, le choix est plus simple : préserver l’histoire, deux vers centraux nettement plus brefs et une chute qui s’entend.

Quelle que soit la langue, terminez par une lecture à voix haute. Si vous devez ralentir pour faire comprendre une rime, ou expliquer la dernière ligne après coup, reprenez les mots avant de chercher à régulariser le rythme.

L’éditeur d’Ilena : une chanson, le nombre de syllabes de chaque vers et l’émotion qu’il porte

Questions fréquentes

Quelles sont les règles essentielles d’un limerick ?

Un limerick comporte cinq vers dont les rimes suivent le schéma AABBA. Les vers 1, 2 et 5 sont généralement plus longs que les vers 3 et 4, et le dernier apporte souvent une chute humoristique. En anglais, ce contraste s’accompagne habituellement d’un rythme marqué que l’on vérifie à voix haute.

Un limerick doit-il avoir un nombre fixe de syllabes ?

Un limerick n’exige pas que chaque vers ait exactement le même nombre de syllabes : les deux vers centraux sont au contraire plus courts. Dans la tradition anglaise, l’alternance des temps marqués aide à reconnaître son rythme. En français ou en espagnol, copier un compte anglais ne suffit pas à produire le même effet sonore.

Peut-on écrire un limerick en français ?

Oui. Un limerick en français peut reprendre les cinq vers, les rimes AABBA, l’écart de longueur entre les vers et la chute amusante. Il vaut mieux le lire à voix haute et travailler son rythme français que forcer une imitation syllabe par syllabe de l’anglais.

Une adaptation espagnole doit-elle garder les rimes du limerick anglais ?

Non. Une adaptation espagnole gagne à créer ses propres rimes selon la prononciation espagnole, tout en conservant le schéma AABBA si elle veut rester proche de la forme. Sa métrique demande une analyse distincte, notamment parce que la synalèphe et l’accent du mot final peuvent modifier le compte du vers.